La Gazette du Café des parents -fev-19

 

l'estime de soi chez l'adolescent

 

Qu’est ce que l’estime de soi ?

« L’estime de soi » se définit pour l’adolescent comme la perception qu’il a de lui et de ce qu’il  vaut.

Elle est multidimensionnelle : c’est la valeur qu’il se donne dans différents aspects de sa vie : au plan personnel, affectif, familial, physique, sportif, scolaire, social. Il peut par exemple apprécier son niveau sportif mais détester son allure….

C’est une dimension importante de sa personnalité. : porter un regard positif sur lui-même est vital pour son équilibre psychologique, car il  donne à l’adolescent le sentiment de sécurité interne nécessaire pour faire face aux difficultés de sa vie.

 

Elle est sujette à la reconnaissance de l’autre : Pour se sentir bien dans sa peau, il a besoin d’être aimé, apprécié et de se sentir compétent. Ce besoin de valorisation des autres guide grandement ses activités.

 

Elle est évolutive : au début de la vie, elle se développe grâce à la sécurité qu’installe la relation d’attachement aux parents, et toute personne proche de lui. Ensuite, elle varie selon l’âge, l’environnement, les circonstances, les relations, les réussites, et les échecs de l’enfant puis de l’adolescent.

 

L’estime de soi est un besoin fondamental qui ne peut s’installer qu’une fois que les besoins physiologiques, de sécurité et d’appartenance sont comblés.

Les trois piliers de l’estime de soi :

1- L’amour de soi : l’adolescent qui s’estime s’accepte, dans un amour inconditionnel qu’il se porte, malgré ses limites et ses échecs.

2- La vision de soi est, pour l’adolescent, la conscience et la connaissance de qui il est en tant que porteur de qualités, de défauts, de potentialités.

3- La confiance en soi permet à l’adolescent d’agir sans crainte excessive de l’échec et du jugement d’autrui.

 

Ces trois piliers se construisent et évoluent tout au long de la vie mais la période adolescente est cruciale dans leur développement.

L’adolescence est identifiée comme une étape importante dans le développement de l’estime de soi. Elle représente une période charnière, où se crée un conflit intérieur entre la conception de soi et son moi idéal. Le jeune, à cet âge, prend conscience peu à peu de l’écart de ce qu’il connaît de lui et ce qu’il voudrait être et devenir.

L’adolescent est soumis notamment à une perte de repères et une recherche d’identité qui bouleversent sa conception de la vie. L’échec est en conséquence plus durement ressenti et l’estime de soi peut en être fragilisée.

 

 

  • Une haute estime de soi chez l’adolescent :

Une haute estime de soi peut signifier que l’adolescent est à l'aise avec lui-même. Il a une confiance en lui suffisante pour prendre ses décisions et exprimer son individualité.

Pour Danielle Laporte (1997) Psychologue clinicienne et auteur de nombreux ouvrages sur la psychologie de l'enfant et sur les relations entre parents et enfant :

 «  Avoir une bonne estime de soi, ce n’est pas avoir la tête enflée ou se prendre pour quelqu’un d’autre. C’est plutôt se connaître suffisamment bien pour pouvoir utiliser ses forces personnelles tout en ayant une vue assez juste de ses limites. C’est pouvoir faire face aux difficultés de la vie en croyant fermement en soi, sans se faire d’illusion et sans cultiver le sentiment de devoir être le meilleur au monde."

 

  • Une faible estime de soi chez l’adolescent :

L’adolescent qui a une faible estime de lui ne s’estime pas à sa vraie valeur. Cela peut le mener à un sentiment d'impuissance, l’impression de ne pas être acteur de sa vie, ce qui parfois se traduit par une agressivité qu’il adresse aux autres ou à lui-même.

De plus, une faible estime de soi peut conduire l’adolescent à se conformer aux groupes d’appartenance au risque de nier son individualité : jusqu’à accepter pour certains d’entre eux certaines prises de risque par exemple.

 

 

Les marqueurs de l’estime de soi à l’adolescence

  • L’aspect physique

L’adolescent subit de profondes transformations physiques : il grandit, il prend du poids, il se forme et se développe. Le corps, dans ces multiples changements devient une source majeure de préoccupation : haine, joie, honte, plaisir sont des sentiments tour à tour exprimés à l’égard de ce corps en pleine mutation.

Etre ou paraître, telle est la question…! La perception de son image corporelle serait un des facteurs déterminants de l’estime de soi de l’adolescent.

Quelques chiffres : 24 % à 46 % des filles de 13 à 17 ans se déclarent insatisfaites de leur image corporelle contre 9 % à 26 % des garçons de 13 à 17 ans.

Selon les données françaises de l’enquête internationale « Health Behaviour in School-aged Children” 2010

 

  • La popularité auprès des autres ados

L’adolescent sort de sa cellule familiale et cherche de « nouvelles familles ». Les relations qu’il va construire avec ses amis constituent sa priorité et l’influencent grandement.

Ainsi le vocabulaire, les expressions, le style vestimentaire, la musique, ou encore l’utilisation des nouvelles technologies l’intègrent à certains groupes d’appartenance.

Haut du formulairela mML’un des défis de l’adolescence est à la fois de s’intégrer dans un groupe tout en résistant à la pression à laquelle ses copains le soumettent parfois. Décider d’aller à leur encontre pourrait détériorer leur amitié, c’est pourquoi les adolescents font parfois des choses qu’ils ne feraient pas en tant normal, afin de s’assurer qu’ils sont bien intégrés.

 

Ce qui favorise l’estime de soi chez l’adolescent

  • Comprendre que l’adolescence est une période de grands changements permet d’accepter avec calme et philosophie, les sautes d’humeurs, les choix inconstants (politiques, vestimentaires, musicaux…) de son adolescent.
  • Ecouter avec attention les exaltations et les découragements que peut avoir son adolescent.
  • Réserver quotidiennement du temps de partage avec l’adolescent. Les expériences partagées (prendre ensemble les repas, faire les magasins, la conduite à l’école, l’aider à trouver un premier emploi, etc.) l’aident à construire la confiance et le respect dans sa relation avec le parent.
  • Respecter les opinions et les choix de l’adolescent. Exprimer un désaccord sans pour autant tourner en dérision ses choix. L’adolescent a besoin de se démarquer de ses parents pour se construire une identité propre.
  • Profiter des moments de confrontation pour enrichir l’argumentation et les capacités de raisonnement.
  • Ecouter l’adolescent. Etre attentif à ses émotions et tenter de déterminer ce qu’il essaie de dire en reformulant.
  • Aider l’adolescent à découvrir les qualités qui le rendent unique et l’encourager à les développer.
  • Ne pas focaliser sur les défauts et échecs de l’adolescent mais plutôt sur ses nombreuses compétences.
  • Lui donner des responsabilités. Lui confier des tâches « nobles » (changer une ampoule plutôt que sortir les poubelles).
  • Le féliciter pour les tâches bien faites et s’il n’atteint pas ses buts, lui suggérer des manières positives pour s’améliorer sans jugement.
    • Critiquer les actes ou comportements de             l’ado mais pas sa personne.
    • Rester vigilant quant à une éventuelle dévalorisation constante de l’adolescent et des répercussions sur les différentes sphères de sa vie. Ne pas hésiter à consulter un professionnel de la relation d’aide en cas de besoin.

 

Références bibliographiques :

Adolescences. Repères pour les parents et les professionnels. JEAMMET (Dir.), Fondation de France, La Découverte, 2004.

L’estime de soi des adolescents. DUCLOS G., LAPORTE D., ROSS J.,Ed. Hôpital Sainte- Justine, 2002.

L’image de soi chez les jeunes, éléments pour un état de la question. RICHEZJ-C, Ed. INJEP, 2005.