La Gazette du Café des parents -oct-2020

 

Partage d'expériences autour des bébés

Deux jeunes femmes et une mamie participent à cet échange autour des bébés: Madame I. a une fille de 16 mois, Madame P. a, quant à elle, un petit garçon de 4 mois et demi. Toutes trois explorent plusieurs grandes thématiques qui concernent les jeunes enfants.

 

La propreté :

Madame P. utilise des couches jetables pour son fils, toutefois, elle se dit curieuse des solutions alternatives. Elle a déjà eu l'occasion d'échanger avec une maman qui pratiquait l'Hygiène Naturelle Infantile (HNI). Cette méthode consiste à observer les réactions d'un bébé afin de détecter les signes indiquant qu’il a envie de faire ses besoins pour lui permettre de se soulager immédiatement dans des toilettes, dans un pot de chambre ou dehors. La jeune femme a apprécié découvrir l'HNI mais ne pense pas se lancer dans cette aventure. En revanche, elle s'intéresse de plus en plus aux couches lavables dans un souci écologique. Elle sent son compagnon réticent et pense qu'il faudra du temps et des arguments forts pour le convaincre: « Il a eu des retours d’autres papas qui lui ont dit que les couches lavables, c'était horrible ». La mère de Madame P. nous fait part de son expérience: elle garde un souvenir mitigé des langes et des contraintes liées à leur utilisation. La commercialisation des couches jetables représentait, à son époque, une vraie révolution. Elle comprend toutefois ce “retour en arrière”: elle remarque que de gros progrès ont été faits et rendent l'usage des couches lavables moins laborieux.

 

L'écharpe de portage :

Madame I. s'est intéressée au portage en écharpe. Elle a sollicité une amie qui lui a fait une démonstration. Devant la technicité des nouages présentés, la jeune femme a préféré ne pas poursuivre dans cette voie. Elle fait aujourd'hui « tout en poussette » car son utilisation lui est plus simple et pratique.

Madame P. partage le sentiment de Madame I. quant à la complexité de mise en place des écharpes classiques. La jeune femme a participé à un atelier portage proposé au Café des parents. Elle garde un bon souvenir de cette expérience mais nous confie : « je ne suis pas encore très à l’aise avec l'écharpe, le porte bébé est pour l’instant plus pratique ». Madame P. a récemment découvert le sling (une écharpe sans nœud), un entre-deux qu'elle pense privilégier à l'avenir notamment parce qu'il permet de respecter la position physiologique du bébé.

 

Le doudou et la tétine :

Jusqu'à l'âge d'un an, la fille de Madame I. n'avait pas de préférence parmi ses peluches. Aujourd'hui, cette dernière a un doudou attitré. Elle ne le demande que lorsqu’elle est fatiguée. Le reste du temps, le doudou reste dans le lit. La petite fille a également une tétine qu'elle utilisait, jusqu'à très récemment, de façon modérée. Depuis peu, elle semble éprouver le besoin de la prendre plus souvent.

Le fils de Madame P. n’a pas de doudou. La grand-mère du petit garçon taquine sa fille et lui dit « c’est toi son doudou ». Madame P. pratique l'allaitement à la demande. Elle se saisit de la remarque de sa mère pour nous confier que son fils a un fort besoin de succion. Il la sollicite donc souvent pour des tétées qu’elle identifie comme des « tétées câlins ». Cela n’est pas source d’inquiétude pour la jeune femme qui a décidé de faire confiance à son fils et de respecter son rythme. Elle ne souhaite pas que son petit garçon ait une tétine par crainte d'une confusion sein-tétine.

 

Quand bébé pleure :

Les participantes viennent ensuite à échanger sur la gestion des pleurs de leur enfant. Quelle attitude adopter ? Comment y faire face ?  Madame I. estime qu’il est important d’accepter que son enfant pleure et de ne pas toujours intervenir. En fin de journée notamment, les pleurs peuvent permettre à l’enfant de « décharger » l’ensemble des émotions et stimulations accumulées tout au long de la journée. Madame P., quant à elle, tient à être présente à tout moment afin de calmer les pleurs de son enfant. Elle ne s’imagine pas, par exemple, laisser son petit garçon pleurer dans sa chambre sans aller à sa rencontre. Elle argumente en faisant le parallèle avec l’adulte : « quand celui-ci demande de l’aide, si personne ne lui répond, il va commencer par insister puis finir par ne plus solliciter ». La jeune femme ajoute : « si un enfant ne pleure plus, c’est peut-être qu’il n'a plus confiance en son environnement ».

 

Porter un regard bienveillant sur l'expérience de chacun :

Les deux jeunes femmes ont un point de vue différent sur la gestion des pleurs, néanmoins, celles-ci s'écoutent avec bienveillance. Cette écoute sans jugement est très appréciée par Madame P. qui nous dit que sa vision de l'éducation fait régulièrement l’objet de réflexions : « on me dit que c’est trop ». Le discours d’autrui peut parfois être culpabilisant et empêcher la discussion. Cela a notamment été le cas lorsqu’elle a débuté l’allaitement. Madame I. préfère ne pas penser qu’une approche est meilleure qu’une autre. Chacun son expérience et « chacun a sa façon de voir les choses ». Elle n’est pas particulièrement sensible aux remarques que peut lui faire son entourage : « j’ai un très fort caractère ».

 

L’arrivée d’un enfant : un nouvel équilibre:

L’arrivée d’un enfant vient bousculer les rôles et les places de chacun. La place du père est  évoquée par les deux participantes. Le compagnon de Madame P. travaille à Paris. Il est donc souvent absent et peut ne pas être au domicile pendant plusieurs jours. Le retour en famille n’est pas toujours facile : Monsieur rentre fatigué et espère se reposer. Madame P., qui s’occupe seule de leur fils pendant les absences de son compagnon, aimerait, quant à elle, pouvoir « compter un peu plus sur lui ». Paradoxalement,  la jeune femme reconnaît qu’il est parfois difficile de redonner une place au papa à son retour car cela nécessite de modifier l'équilibre qu'elle avait fini par trouver avec son fils lorsqu'ils n'étaient que tous les deux.

S’occuper d’un tout petit prend du temps et il n’est, en conséquence, pas toujours aisé d’en trouver pour soi-même ni pour son couple. Les compagnons des deux jeunes femmes expriment leur désir d'accorder plus de temps à leur couple. Madame I. s’est vue offrir une box pour passer un week-end en amoureux : « le message était clair ». Elle souligne l’importance de retrouver un équilibre seul, à deux et à trois, pour le bien de tous. La question de la séparation avec bébé est alors abordée : celle-ci peut être difficile lorsque l’on est parent d’un jeune enfant, néanmoins, celle-ci semble souhaitable pour que l’enfant puisse s’ouvrir au monde, le découvrir et s'y découvrir. Madame I. a inscrit sa fille à la crèche et nous raconte cette étape importante : « ça l’a beaucoup aidé pour s’intégrer, ça lui a permis de me ‘lâcher ‘ et d’être plus à l’aise avec les autres ».

 

Le sommeil, l'alimentation sont également des thématiques régulièrement abordées au Café des parents. A l'image de la discussion menée par ces deux jeunes femmes, le partage d'expériences peut être inspirant et éclairant. Il peut permettre de prendre du recul sur sa propre situation et ainsi se rassurer, se questionner et cheminer.