La Gazette du Café des parents -sept-17

Mon enfant ou mon ado refuse d'aller à l'école

 

 Trois mamans se sont rencontrées autour de cette thématique. Elles étaient concernées à des degrés d’âge et d’évolution différents des enfants.

Etat des lieux

Une première maman s’est présentée au débat pour témoigner, partager son expérience car aujourd’hui a situation avec son enfant est plus calme et même si tout n’est pas résolu, les moments d’orages sont passés et des solutions adaptées ont été mises en place. Cette maman a une adolescente de 15 ans et a vécu et accompagné le refus scolaire de sa fille depuis la classe de 6ème. Le parcours scolaire a alors été compliqué jusqu’en fin de 5ème où cette jeune fille a déclaré à sa maman « le collège c’est fini pour moi ». A la rentrée de 4ème le refus d’y retourner a été catégorique. Suite à de nombreuses démarches de la maman cette année-là une solution a été trouvée pour la rentrée en 3ème de sa fille que nous aborderons plus tard. Même si aujourd’hui rien n’est gagné pour la suite de la scolarité de sa fille, Madame est optimiste et se présente donc au débat des mots pleins d’espoir pour les deux autres mamans.

Une seconde maman évoque la situation de sa fille de 13 ans en refus scolaire depuis la fin de la 5ème et malgré une reprise en 4ème, ceci a recommencé au cours de l’année après les vacances de Noël.

La troisième maman exprime la difficulté de sa fille de 11 ans à aller à l’école depuis la classe de CE2, elle ajoute même avoir constaté des difficultés de séparation dès la maternelle.

Les raisons identifiées de ces refus scolaires

Ces trois mamans abordent ensemble quelques raisons explicatives du refus scolaire de leur enfant, raisons qui souvent étaient repérées par plusieurs mamans :

-         Un problème de séparation, avec une crainte d’aller vers un nouvel environnement et de quitter le foyer familial

-         Un problème d’intégration avec le groupe de pairs notamment au collège où les adolescents changent d’environnement et où l’importance du « être comme » pour se sentir inclus dans un groupe peut-être difficile à vivre.

-         Un changement dans l’environnement scolaire peut parfois brusquement perturber la sécurité interne de l’enfant ou l’adolescent (changement de classe, d’instituteur, de lieux –passage de la primaire au collège par exemple – déménagement des parents ou d’un ami proche…)

-         Par ailleurs, ces enfants présenteraient tous une sensibilité exacerbée qui, à cette période de leur vie, les fragiliserait. Cette sensibilité serait également parfois en lien avec un haut potentiel intellectuel.

Aucun de ces trois enfants ne présente de troubles des performances scolaires, le refus scolaire dans ses situations n’est alors pas associé à un échec scolaire.

 

Le ressenti des parents face au refus scolaire de leur enfant

Ces trois mamans se sont entendues sur le fait que vis-à-vis de la loi, les parents sont responsables de la scolarité de leurs enfants. Ce qui peut donner dans un premier temps un sentiment d’échec de son rôle parental et éducatif aux yeux de la société. Elles ont pu se sentir « hors la loi » et en difficulté à justifier à l’établissement les absences répétées de leurs enfants.

Dans un second temps, elles ont dû apprendre à passer au-delà des jugements et à se centrer sur la problématique de leur enfant afin d’y trouver des solutions les plus adaptées à chacun.

Les parents se sont sentis soulagés lorsque l’école ou le collège s’est montré sensible, à l’écoute, en laissant du temps à l’enfant et à la famille.

Ces mamans ont expliqué leur besoin de bienveillance et de non jugement de la part des institutions. De la même façon, l’enfant ou l’adolescent a besoin de bienveillance de la part de ses parents et de son entourage pour l’aider à dépasser ses angoisses.

 

Les conseils échangés pour aider ces enfants

Les solutions varient en fonction des enfants, des familles et des possibilités de prise en charge. Chaque situation est unique et ces mamans sont venues parler de leurs expériences sans mettre de hiérarchie dans les éventuelles solutions trouvées.

-         L’école à la maison a été imaginée par plusieurs mamans et certaines sont ou se sont plutôt tournées vers des cours par correspondance qui leur semblait plus rassurant et structuré.

-         Très souvent les parents restent en contact étroit avec l’établissement afin de permettre des aménagements temporaires : emploi du temps adapté, inclusion/exclusion dans la classe pour apporter du répit, présence d’un parent ou non, envoi du travail scolaire à domicile…

(Une maman a convenu avec l’école primaire un retour de l’enfant en classe de façon progressive avec la présence de la maman s’il le faut. Cet aménagement semble bénéfique à cette enfant. Un PPE (Projet personnalisé de l’élève) a été construit autour de la problématique de l’enfant afin que tout adulte de l’école y soit sensible)

-         L’inscription à une activité extrascolaire a été évoquée comme un lieu ressource pour retrouver confiance en soi, faire quelque chose dans le plaisir et aussi éviter que le lien social ne se délite chez ces jeunes.

-         Une prise en charge psychologique et ou pédopsychiatrique peut s’avérer nécessaire et des lieux comme le CMP/CMPP ou le CASA ont été cité. Une maman a expliqué l’importance de « faire appel aux interlocuteurs extérieurs pour se sentir portée et non culpabilisée »

-         Ces mamans ont conscience que le retour à l‘école de leur enfant reste fragile, elles cherchent encore de nouvelles solutions non explorées jusqu’ici telles que le service du SAPAD (Service d'Assistance Pédagogique à Domicile) pour un accompagnement à domicile de l’éducation nationale, des écoles spécialisées autour de cette difficulté, celle du haut potentiel ou encore l’utilisation de méthodes d’enseignement alternatives telles que la méthode Montessori.

 

En conclusion

Ces mamans expriment un épuisement certain en lien avec l’évolution incertaine de leurs enfants, le sentiment de devoir continuellement justifier les absences et une recherche constante de solutions adaptées. Mais chaque famille a conscience que ce n’est qu’un passage plus ou moins long et compliqué, que l’enfant grandit, qu’il faut se laisser surprendre par ses évolutions pour ne pas les enfermer dans des projections anxieuses vis-à-vis de l’avenir.

Pour vous aider :

  • Maison des adolescents : 03 87 18 44 22
  • Notre Point Accueil Ecoute Jeunes et Parents 03 87 69 04 32
  • L’infirmière scolaire et/ou l’assistante sociale de l’établissement scolaire de votre enfant