La Gazette du Café des parents -juillet-aout-2020

 

Le confinement et vous

1.       le plus difficile

Les parents, que nous avons rencontrés jusqu’ici, n’ont pas perdu des proches durant cette période. Nous n’aurons pas à évoquer le manque de visite des proches hospitalisés, les inhumations en nombre limité, l’impossibilité pour certains d’y accéder à cause de l’éloignement géographique….

La gestion de l’école à la maison :

Les parents ont pris conscience de la difficulté du travail d’enseignants et se sentent aujourd’hui davantage reconnaissants à leur égard.

 

 

Pour beaucoup d’entre eux : « c’était l’horreur !» : les difficultés de connexion, la sensation d’être en vacances pour les enfants qui refusaient de travailler, l’absence d’ordinateurs dans certaines familles qui obligeait le travail sur d’autres supports (tablettes, smartphones…). Certains parents ont décidé de « démissionner » face aux exigences et aux rendements de ce travail scolaire et ont trouvé d’autres alternatives : « j’ai acheté des cahiers de vacances pour faire travailler mon enfant ».

Certains, ont consacré une pièce dédiée au travail scolaire, à la fois pour isoler l’enfant des autres tentations et pour marquer la « mise au travail ».

 

Les angoisses vis-à-vis du virus

Les médias et les réseaux sociaux ont véhiculé une anxiété et une pression qui ont atteint toutes les familles : « on devenait parano dès qu’on faisait quelque chose ». Parler du virus aux tout petits était également compliqué : « il fallait trouver un juste milieu entre leur dire la vérité et ne pas les affoler ». Certains enfants manifestaient leur peur par des réveils nocturnes, des angoisses, des peurs de transmettre le virus à d’autres, des peurs de se séparer….

 

Tous ensembles sous le même toit

Les parents de tout jeunes enfants ont parfois adoré ce temps passé avec leurs petits : prendre le temps de jouer, de les observer, de rythmer la journée entre repas, jeux et sieste. Les petits ont été ravis de voir plus leurs parents qui travaillent habituellement à l’extérieur et les mamans, qui ne travaillent pas à l’extérieur, se sont senties moins seules.

Les adolescents dormaient le matin et décalaient leurs repas. Par contre, ils ne réussissaient pas à se coucher le soir, réfugiés dans les jeux vidéo et les réseaux sociaux. Le logement était, pour certains, constamment dans l’agitation et sans véritable pause.

Vivre tout le temps ensemble en famille a alimenté les tensions, on se supporte moins bien car on est toujours ensemble.

 

L’absence de sortie

C’était difficile pour les familles de vivre dans la promiscuité : les enfants jeunes s’agitaient à cause du manque d’air et de défoulement physique et devenaient bruyants.  Certaines familles, ont instauré un planning entre conjoints pour pouvoir sortir à tour de rôle pour souffler un peu. Se procurer une autorisation pour sortir était difficile pour les personnes sans imprimante ou sans iPhone. Cette contrainte et la peur de se faire contrôler rendaient difficiles les sorties. Le manque de liberté se faisait présent au quotidien.

 

Le manque des proches

Les parents nous ont dit leur difficulté de ne pas voir les grands parents soit parce qu’ils étaient éloignés sur le plan géographique, soit parce qu’ils étaient personnes à risques du fait de leur âge. Bien sûr, les nouvelles technologies permettaient de se voir et de partager des moments vivants mais ça ne remplaçait pas les échanges de proximité. Quand les enfants avaient l’habitude de voir les grands-parents au quotidien, ils manifestaient d’autant plus le manque et le sentiment d’abandon et d’inquiétude d’autant qu’on ne savait pas combien de temps ce confinement devait durer. Le manque de soutien des proches était difficile. Certains parents d’origine étrangère n’ont pu voir leur famille encore aujourd’hui. Des parents se sont dits submergés de solitude avec des moments où ils craquaient ou s’effondraient en larme.

 

Les naissances pendant le confinement

Difficile pour les mamans d’accoucher sans leur conjoint, difficile pour les pères de ne pouvoir venir en visite ou de voir ces temps de visite si restreints, difficile pour les frères et sœurs de ne pas visiter leur maman et le nouveau venu pendant quelques jours, difficile pour le papa de confier les autres enfants pour visiter sa femme hospitalisée. Par contre, au retour à la maison, les couples ont pu prendre le temps de découvrir leur nouveau-né et de se montrer à égalité devant les soins à lui apporter. Les grands-parents et les oncles et tantes ont été exclus de ce bel évènement.

 2.       le positif, les bénéfices

Prendre le temps et partager

Le temps s’est arrêté, le bruit des voitures a fait place aux chants des oiseaux. Certains ont pris le temps de faire des activités qui leur plaisaient. Des parents et enfants ont partagé des temps de bricolage, de préparation de repas, de jeux de société.

Certains couples ont pu se retrouver, loin du tumulte habituel (un peu comme en temps de vacances).

 

Des solidarités locales

Certains parents nous disent avoir pu rencontrer leurs voisins, se rendre des services mutuels, prendre soin des personnes les plus fragiles, faire des courses pour les autres. Certains ont instauré le rythme des applaudissements pour les soignants à 20h, c’était un temps de rencontre et de gaité qui faisait du bien.

 

Quels changements pour demain ?

 « Maintenant je prends du temps pour moi, avant c’était impensable, j’étais devenue un robot, ça a été un vrai déclic, aujourd’hui je lâche prise »…. «  Je prends plus de temps avec les enfants… je les ai découvert  ».

« J’en ai profité pour réaffirmer mon autorité avec les enfants car avant je cédais à tout « je laissais les enfants manger sur le canapé », aujourd’hui et grâce au confinement, il y’a des règles à la maison et c’est une renaissance pour moi »

Certains parents gardent l’habitude de consommer au plus près de chez eux, d’autres se déplacent en vélo, car ils ont pris conscience de l’obligation de « dépolluer l’atmosphère », d’autres ont pris goût au télétravail et aimerait le maintenir pour partie (pas de perte de temps en déplacement, une nourriture plus saine à la maison).

D’autres souhaitent garder le rythme tranquille que leur a permis ce confinement.